Sahel : La guerre contre le terrorisme se joue à la fois aux plans sécuritaire et du développement (Pdt Ould Abel Aziz)

Nouakchott – La guerre contre le terrorisme se joue à la fois aux plans sécuritaire et du développement, a estimé, jeudi, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, lors de la Conférence de coordination des bailleurs de fonds et partenaires du G5 sahel à Nouakchott, en vue du financement du Programme d’investissements prioritaires de cette organisation.

« La guerre contre la violence terroriste, le crime organisé et le trafic illicite se joue donc sur le plan de la sécurité et sur celui du développement simultanément et indissociablement ; (…) A elle seule donc, l’approche du tout sécuritaire est insuffisante pour résoudre définitivement la question de la violence extrémiste», a déclaré M. Ould Abdel Aziz.

Pour lui, la pauvreté, le chômage, l’analphabétisme, les sentiments d’injustices, d’impuissances et d’absence de perspective, le laxisme à l’endroit du trafic de drogue et l’incapacité des Etats à assumer pleinement leurs responsabilités régaliennes, génèrent les conditions optimales pour le règne de l’insécurité.

Ce qui facilite, a-t-il signifié, l’intrusion de terroristes et des extrémistes, et leur permet de prospérer et de trouver des cibles potentiellement réceptives à leurs discours idéologiques ou religieux déviants.

« En effet, par des moyens strictement sécuritaires, on peut, dans le meilleur des cas, réduire sensiblement, voire neutraliser, pour un certain temps, les capacités de nuisance des groupes terroristes. Cependant pour éradiquer définitivement, la violence extrémiste nous devons, parallèlement à l’action sécuritaire et au refus systématique de recourir au payement des rançons afin de libérer des otages, ce qui n’est pas souvent le cas, déployer d’énormes efforts pour généraliser l’accès à une Education de qualité, créer des opportunités d’emploi, instaurer un véritable Etat de droit, assurer aux populations une vie décente dans la dignité et le respect, améliorer la gouvernance, et promouvoir un développement durable inclusif », a-t-il insisté.

Pour combattre l’extrémisme et les divers trafics illicites, étrangers, le G5 – Sahel qui regroupe cinq pays (Mali, Mauritanie, Niger, Burkina Faso, Tchad), s’est doté d’un Programme d’investissement prioritaire, qui consacre une large part au développement.

La première phase de ce programme, qui s’étend sur la période 2019-2021, avec un montant de 2 milliards d’euros, s’articule autour de quatre axes dont la sécurité constitue le plus important en plus de la gouvernance, des infrastructures et le développement des ressources humaines, en vue d’œuvrer au développement de l’espace des Etats du Sahel.

Lors de la Conférence de Nouakchott, les bailleurs de fonds ont promis une contribution totale de 2,4 milliards d’euros, soit 124% des attentes initiales.

Envoyé spécial, Traoré Mamadou

(AIP)

tm