Le Japon assouplit sa législation sur l'accueil des travailleurs étrangers

La Chambre haute a adopté le texte aux premières heures de samedi. La Chambre basse l’avait voté fin novembre. Au travers de ce nouveau programme, le gouvernement prévoit d’attirer quelque 345 000 travailleurs étrangers pour une période de cinq ans dans des secteurs précis dont le bâtiment, les services de restauration, les soins aux personnes âgées.

La loi crée un nouveau statut de visa, qui permettra en théorie à des immigrés ayant des qualifications inférieures à celles habituellement requises d’entrer sur le territoire japonais pour y travailler durant cinq ans. Deux sous-catégories existeront et les personnes remplissant les conditions les plus élevées (en termes de compétences professionnelles et d’aptitudes en langue japonaise) pourront faire venir leur famille et obtenir un visa permanent.

Opposition vent debout

Mais le contenu du texte fait l’objet de vives critiques de l’opposition. Elle s’interroge sur le risque d’une pression à la baisse des salaires dans le pays, sur la façon dont ces migrants pourront être intégrés dans le système japonais de protection sociale ainsi que des inquiétudes sur une possible exploitation de ces personnes.

Nombre des travailleurs étrangers peu qualifiés du Japon se trouvent dans le pays dans le cadre d’un programme dit de « formation technique », accusé à de nombreuses reprises de cas d’abus de personnes employées par des entreprises sans scrupules.

Manque de main d’œuvre

Les entreprises japonaises demandent depuis longtemps que les lois sur l’immigration soient assouplies au Japon, où le taux de chômage tourne autour de 2,5%. Le manque de bras s’aggrave dans l’archipel, dont la population vieillit et décline.

« Notre objectif est de commencer en avril 2019 car il nous faut rapidement lancer ce nouveau système afin de pallier le manque de main-d’œuvre », avait déclaré jeudi le Premier ministre Abe. Mais les partis d’opposition affirment que la nouvelle loi n’aborde pas la question de l’impact potentiel sur la société japonaise de l’arrivée de nouveaux cols bleus et ne protège pas les droits de ces travailleurs étrangers.

Dans une tentative d’empêcher que la loi passe, les partis d’opposition ont déposé des motions de censure à l’encontre de Shinzo Abe et du ministre de la Justice, Takashi Yamashita, mais celles-ci ont été rejetées par les parlementaires de la coalition au pouvoir.

(avec AFP)