Brésil : une mère avec un utérus transplanté a donné naissance à un bébé en parfaite santé

C’est une véritable première dans le monde et une grande victoire pour la science : le tout premier bébé conçu dans un utérus issu d’une donneuse morte est né. L’extraordinaire nouvelle a été dévoilée par la revue scientifique The Lancet, le 4 décembre 2018.








En réalité, le bébé est né en 2017, mais son existence n’a été révélée que cette année. Aujourd’hui, âgé de plusieurs mois, le nourrisson qui est une petite fille se porte bien. De même que sa mère qui n’a rencontré aucune complication pendant et après la grossesse.

Il s’agit de la toute première naissance issue d’un utérus transplanté en Amérique latine.

Transplantation, grossesse, accouchement : tout s’est bien passé

La greffe d’utérus a été réalisée en 2016 à l’Hôpital universitaire de São Paulo, au Brésil. La jeune femme qui a reçu l’organe, alors âgée de 32 ans, était née sans utérus. L’opération avait duré une dizaine d’heures environ. Elle a été suivie d’un traitement immunosuppresseur qui permet d’éviter que le corps de la patiente ne rejette l’utérus.

Cinq mois après la greffe, la patiente a commencé à avoir ses règles. Deux mois après cela, elle est tombée enceinte par le biais de la fécondation in vitro.

Tout s’est ensuite bien passé : le bébé est né en parfaite santé neuf mois plus tard. La naissance s’est par contre déroulée par césarienne et l’utérus a ensuite été retiré, car le traitement immunosuppresseur était beaucoup trop lourd pour la mère et le bébé.

Une première et un espoir pour de nombreuses femmes

La donneuse de l’utérus qui a été greffé était déjà morte au moment du prélèvement. Jusqu’ici, les transplantations de ce genre n’avaient été réalisées qu’à partir d’utérus donnés par des personnes en vie.

Depuis 2013, les opérations réalisées à travers le monde sont au nombre de 39, dont seulement 11 qui ont conduit à une naissance.

Le Dr Dani Ejzenberg qui a dirigé la transplantation a déclaré : « Le recours à des donneurs décédés pourrait élargir considérablement l’accès à ce traitement. Nos résultats apportent la preuve que cela peut fonctionner pour offrir une nouvelle option aux femmes frappées par une infertilité d’origine utérine. ».

L’enthousiasme du Dr Ejzenberg est partagé par le Dr Srdjan Saso du département obstétrique de l’Imperial College de Londres : « Cette démonstration réussie présente plusieurs avantages par rapport à la greffe à partir d’un donneur vivant. Elle s’appuie sur un réservoir de donneurs potentiels plus vaste, coûte moins cher et évite les risques pour le donneur vivant. »