Ferrari a eu le "courage" de revenir sur ses évolutions

Ferrari n’est pas parvenu à tirer le meilleur des évolutions lancées au Grand Prix de Singapour, comme en témoignent les résultats purs : lors des trois séances qualificatives suivantes, le bolide rouge le plus rapide était à plus d’une demi-seconde de la meilleure Mercedes en Q3. Trois courses qui ont certainement eu un impact non négligeable sur la course au titre, puisque Lewis Hamilton a gagné 37 points sur Sebastian Vettel tandis que la Scuderia en laissait filer 53 sur les Flèches d’Argent.

À Maranello, la décision a alors été prise d’abandonner ces nouvelles pièces à partir du Grand Prix des États-Unis, et la SF71H a retrouvé son niveau de compétitivité, avec notamment la victoire de Kimi Räikkönen à Austin.

“Au fil de cette saison, nous n’avons pas trouvé la perfection à chaque course”, reconnaît Jock Clear, directeur de l’ingénierie chez Ferrari. “Le point positif est que nous comprenons pourquoi. Ces courses où nous avons chuté – nous sommes revenus à Austin et avons eu le courage de revenir sur certains développements. C’est la culture que nous souhaitons avoir désormais. Que les gens soient suffisamment courageux pour dire : ‘Je pense que nous avons fait une erreur’.”

Kimi Raikkonen, Ferrari SF71H

Kimi Raikkonen, Ferrari SF71H

Photo de: Jerry Andre / Sutton Images

Jock Clear, directeur de l'ingénierie, Ferrari

Jock Clear, directeur de l’ingénierie, Ferrari

Photo de: Andy Hone / LAT Images

“Nous revenons, nous réapprenons ce que nous pensions avoir compris. Nous revenons à Austin et nous gagnons la course, et nous avons été compétitifs à nouveau au Mexique. C’est le point positif.”

L’écurie transalpine continue néanmoins de tester les nouveautés en essais libres, comme ce fut le cas en EL1 à Interlagos avec le fond plat révisé, qui ne donne cependant toujours pas satisfaction.

“Je pense que nous avons apporté une évolution aérodynamique quasiment à chaque course cette année, donc nous avons diverses options à notre disposition selon le circuit, nous essayons de trouver la meilleure combinaison. Le point positif est que nous produisons ces options, que la soufflerie continue de produire efficacement des outils que nous pouvons utiliser d’une course à l’autre.”

“Notre travail, en tant qu’ingénieurs de course, du côté opérationnel, est de tirer le meilleur des pièces qui nous sont données ; tel est le processus. Par exemple, on a vu en EL1, nous avons fait une comparaison entre deux fonds plats, deux ailerons avant, des déflecteurs, ce genre de choses. Puis nous déciderons quelle combinaison nous donne le meilleur niveau de performance pour ce tracé. C’est juste un processus normal pour nous”, conclut Clear.

Propos recueillis par Jonathan Noble