Cinq jihadistes condamnés à des peines allant jusqu'à sept ans de prison en France

Les principaux protagonistes de cette filière comme il en existait à l’époque de nombreuses en France, une dizaine de jeunes partis pour la plupart de la région de Roubaix en 2013 et 2014, sont présumés morts en Syrie ou toujours sur place.

Le tribunal correctionnel a donc jugé uniquement cinq prévenus aux profils disparates: quatre hommes pour avoir apporté de France un soutien logistique ou idéologique, et une femme, seule “revenante” de Syrie du groupe.

Celle-ci, Mélodie H., 26 ans, a été condamnée à cinq ans d’emprisonnement, dont trois ans et demi de sursis assorti d’une mise à l’épreuve comprenant notamment une obligation de soins. Entre 2014 et 2015, elle avait passé cinq mois à Raqqa, alors “capitale” de l’organisation État islamique en Syrie, où elle avait rejoint un Roubaisien “épousé” sur Skype.

Placée en garde à vue à son retour en 2015, elle n’a été mise en examen qu’en 2018 – des poursuites trop tardives, avait plaidé son avocate, pour venir aujourd’hui se “rattraper” en lui infligeant une peine ferme.

M’Barek Chaabi, 62 ans, qui tenait jusqu’en 2015 une librairie islamique à Lille, a été condamné à six ans de prison, avec période de sûreté des deux tiers, pour avoir joué un rôle de “recruteur idéologique” et tenté de financer la cause par le biais d’escroqueries.

Cet homme à la longue barbe blanche avait déjà été condamné à Lille pour apologie du terrorisme. Son conseil avait plaidé sa relaxe, jugeant le dossier vide tant “sur le soutien idéologique” que “sur le financement”.

Saïd Asboul, qui avait cherché en vain à gagner l’Afghanistan en 2011, a été condamné à sept ans de prison avec deux tiers de sûreté pour avoir essayé d’aller en Syrie en 2013 – il avait été refoulé en Turquie – et avoir fourni des contacts à des candidats au jihad. Il avait refusé d’être extrait de sa cellule pour assister à son procès.

Hakim F., 25 ans, qui avait cherché à se rendre en Syrie et avait convoyé quatre jeunes à l’aéroport au moment de leur départ, a écopé de cinq ans d’emprisonnement, dont deux fermes sous bracelet électronique et trois avec sursis et mise à l’épreuve. Contrairement aux demandes du parquet, il ne dormira pas en prison vendredi soir: le tribunal a tenu compte de son évolution “favorable”.

Enfin, Sophian N., jugé uniquement pour financement et non pour association de malfaiteurs à visée terroriste, a été condamné à deux ans avec sursis et 2.000 euros d’amende pour avoir envoyé 1.900 euros à son frère en Syrie. Jeudi, son avocat avait dénoncé son “rattachement artificiel” à cette filière, par son seul lien avec son frère, et pointé l’absence de toute “intention” de financer le terrorisme.

Le parquet avait requis des peines plus lourdes.

Avec AFP